La fin du P2P

Décidément j'en veux à l'industrie du contenu ! Dans un précédent article je vous parlais des clefs USB qui financent Hélène Ségara. Au passage Forbes [1] me rappelle gentiment que non seulement je la finance actuellement mais en plus je continuerai à financer ses enfants ! Cette fois-ci je vais vous parler de l'autre versant que l'industrie du contenu attaque, les réseaux Peer To Peer.

Ces réseaux sont constitués de machines fonctionnant toutes au même niveau (en pair à pair). Chacune met à disposition une partie de ses ressources, en l'occurence dans les réseaux d'échange une partie du disque dur. Chacune peut récupérer les contenus sur les autres. L'avantage est de répartir la charge et de réduire le nombre de relais, et donc d'augmenter le débit obtenu.

Dernièrement deux éditeurs de logiciels P2P, Grokster et Morpheus, ont été jugés responsables de l'usage illégal qui en est fait [2]. D'après 01 Informatique cela ouvre la voie à de nouvelles poursuites pour ce type de logiciels. Si on pousse le raisonnement dans ce sens, si vous installez dans votre entreprise un logiciel P2P, non seulement vous serez responsable de l'utilisation qui en est faite par vos collaborateurs, mais l'installation même sera illégale. Et quand on connait la facilité d'installation de ces logiciels sur les postes de travail et la difficulté de les détecter et de les bloquer au niveau de l'entreprise...

De plus la RIAA (Recording Industry Association of America) s'appuie sur ce résultat et a envoyé à d'autres éditeurs des courriers leur demandant de faire cesser les téléchargements de fichiers soumis au droit d'auteur sur leurs réseaux [3].

Juriscom.net [4] tempère cela : "Il est impossible de prétendre aujourd'hui, comme l'ont déjà fait plusieurs communiqués et quelques journaux, que cet arrêt est généralisable à tous les distributeurs de logiciels de peer-to-peer. Et l'on ne peut encore moins prétendre que les juges de la Cour Suprême ont voulu rendre illégaux tous les logiciels d'échange de fichiers." En effet ce sont plutôt les effets d'annonce très particuliers utilisés par Grokster et Morpheus qui semblent visés.

Du côté des logiciels libres Debian permet des téléchargement des paquets via BitTorrent. Pour ce logiciel là, l'industrie du contenu aura encore plus de mal [5]. Il n'y a aucune société commerciale éditrice. Et l'auteur Bram Cohen a simplement développé un protocole réseau, sa bonne foi ne peut être mise en doute. Donc finalement les réseaux P2P semblent pouvoir survivre.

De plus le tribunal de Rodez a relaxé un internaute poursuivi pour avoir téléchargé ou copié à partir de DVD prêtés [6] : "Lorsqu'une oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective." L'internaute avait pourtant copié environ 500 films...

Les réseaux P2P restent légaux. La possession d'une copie (à usage privé quand même) reste légale. Il n'y a plus que le téléchargement sur lequel l'industrie du contenu peut taper. Et par extension la mise à disposition publique de documents sur lesquels s'appliquent des droits d'auteur. Quatre sociétés d'auteurs et de producteurs de musique demandent ainsi la mise en place de moyens de contrôle sur internet. La CNIL a heureusement refusé cette mise en place. Heureusement car une partie du dispositif aurait été à la charge des fournisseurs d'accès. Et ceux-ci auraient relevé leurs tarifs.

Tout ça pour financer Hélène Ségara...

[1] http://www.forbes.com/2006/10/23/tech-media_06deadcelebs_cx_pk_top-earni...
[2] http://www.01net.com/editorial/282594/justice/les-editeurs-de-logiciels-...
[3] http://www.clubic.com/actualite-22686-crise-pour-winmx-bittorrent-et-lim...
[4] http://www.juriscom.net/actu/visu.php?ID=724
[5] http://www.zdnet.fr/blogs/digital-jukebox/affaire-mgm-vs-grokster-la-cou...
[6] http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39211610,00.htm

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