La maîtrise des logiciels libres

Licences au chiffre d'affaires

Pour rester dans les chiffres et les sujets qui fâchent, l'éditeur ASG propose de baser le prix de ses licences logicielles sur les résultats financiers de l'utilisateur. L'idée est de le corréler avec la plus-value induite par le logiciel utilisé. Plus l'utilisateur tire profit du logiciel, plus l'éditeur veut se faire rémunérer.

Tout le monde se demande aussitôt quels chiffres seront utilisés. On hésite entre le chiffre d'affaires, le résultat net, etc, pour trouver ce qui semble le plus significatif de la valeur ajoutée par le logiciel. Mais personne ne semble remettre en cause le bien fondé du principe. Pourquoi devrais-je payer plus cher un logiciel si ma clientèle augmente ? Ayant réussi à baisser de 40% mon TCO [1] grâce à une migration en Open Source je devrais payer plus cher le logiciel commercial qui me reste ?

Pour moi c'est un peu comme si j'achetais mon réfrigérateur à un prix fonction du nombre de poireaux qui vont y séjourner. Ou bien comme si je vendais l'installation d'un serveur qui m'a pris une journée 700 euros à une entreprise et 7000 euros à une autre entreprise qui fait 10 fois plus de bénéfices.

Plus sérieusement, le calcul de la valeur de Debian (dans l'article La valeur de Debian GNU/Linux), quelle que soit son exactitude, et ce thème récurrent du calcul des licences posent le problème épineux du calcul de la valeur d'un logiciel. Pas le TCO, qui inclut d'autres choses telle que la maintenance. Seulement le coût auquel devrait être vendu un logiciel. Bernard Lang, ex vice-président de l'AFUL, a fait un jour le calcul en utilisant la valeur résiduelle. Il est évidemment arrivé à une valeur nulle. De là à conclure que tous les logiciels devraient être sinon libres du moins gratuits...

[1] http://www-1.ibm.com/linux/whitepapers/robertFrancesGroupLinuxTCOAnalysi...