Un gestionnaire de fenêtres ergonomique
Les vacances ont frappé et cet article s'en ressent. Non je ne vous parlerai pas de plages et de ciel bleu. Simplement avant d'aller travailler en bord de mer, j'ai mis à jour mon portable avec la toute nouvelle Sarge. Ce qui fait que ses piètres 128Mo de mémoire se sont retrouvés asphyxiés, principalement par le gestionnaire d'environnement (Gnome) et le gestionnaire de fenêtres (sawfish).
J'ai donc ressorti mes notes sur les gestionnaires de fenêtres, hésité à revenir sous Window Maker (excellent gestionnaire par ailleurs), testé brièvement fluxbox et écarté XFCE, pour finalement retenir Ion qui ne nécessite qu'environ 5Mo de mémoire.
Heureusement que j'étais "en vacances" : il m'a fallu une bonne demi-journée pour digérer le fonctionnement des fichiers de configuration et le langage LUA utilisé dedans avant d'arriver à ce que je voulais. Mais le résultat en valait la chandelle. Je vous parlais dernièrement du plaisir de découvrir un nouveau jouet de Microsoft, et bien avec Linux il suffit de changer de gestionnaire de fenêtres !
Tout d'abord qu'est-ce que Ion ? C'est un gestionnaire de fenêtres qui explore l'ergonomie d'un poste de travail d'une manière radicalement différente [1]. Ce qui m'a le plus surpris lors de mon premier essai, c'est que chaque application est lancée en mode plein écran. Cela déroute au début lorsque l'on a l'habitude de mettre en icône ses fenêtres. Ici, plus de fenêtre. Après une période d'adaptation on gagne effectivement en vitesse. L'autre différence importante, à première vue, c'est qu'il y a des touches de fonctions préprogrammées pour lancer "man" (les aides en ligne de Linux), les terminaux (l'équivalent de la fenêtre de commandes MSDOS) et SSH.
On aurait donc un gestionnaire de fenêtres réservé aux hackers (ne pas confondre avec crackers) n'utilisant que la ligne de commande ? En explorant un peu plus on peut se rendre compte que non. Les fichiers de configuration dont je vous parlais sont en fait des scripts écrits en LUA et donc paramétrables à volonté. On peut redéfinir les touches de fonctions bien sûr mais aussi confectionner des scripts plus complexes pour automatiser toutes sortes de choses. Pour ceux qui connaissent, on retrouve là ce qui plait tant dans Emacs.
Et enfin, Ion a, comme beaucoup d'autres gestionnaires, la possibilité de créer des écrans virtuels. Ces écrans virtuels peuvent avoir différents modes de fonctionnement pour les applications qui s'y affichent : le mode plein écran dont je vous ai parlé, un mode fenêtre pour les nostalgiques, et surtout un mode frame. Ce mode permet de découper l'écran en frames, en zones délimitées. Chaque application tournera dans sa zone. Ce mode est particulièrement efficace lorsque vous voulez travailler avec plusieurs applications en parallèle [2].
Ion introduit ainsi des concepts novateurs. Mais quel peut être son usage pour le commun des mortels ? Si vous voulez conserver une couche graphique sur un serveur, Ion est une alternative intéressante pour économiser la mémoire et la CPU. De plus la ligne de commande est principalement utilisée pour l'administration d'un serveur et Ion est déjà prêt pour cela. Avec une écran en mode frame vous pouvez aussi vous préparer un bon écran de supervision.
J'ai lu récemment un appel à confectionner des PC pas chers déjà tout paramétrés. Ion permet précisément de faire cela. Encore une fois économie de mémoire et de CPU. Economie de support aux utilisateurs puisque le fonctionnement est simplifié : toutes les applications sont en plein écran et une barre de tâche permet de naviguer entre elles. Meilleur rendement des utilisateurs car Ion donne la possibilité de paramétrer très exactement ce qui est utilisé dans l'entreprise. Et puis quelle tranquilité d'esprit ! Vous imaginez vos utilisateurs modifier vos scripts LUA ?
[1] http://modeemi.fi/~tuomov/ion/intro.html#manifesto
[2] http://modeemi.fi/~tuomov/ion/intro.html#screenshots


