XML pour tous
Didier Lambert, vice-président du CIGREF, dans une interview du Monde Informatique du 23 septembre, indique : "Pour pouvoir faire jouer la concurrence entre fournisseurs, la XMLisation permettra sans doute de structurer le SI en briques interchangeables aisément". Il indique également "qu'il y a une panne de l'innovation chez Microsoft". Autant je suis d'accord sur ce dernier point, autant je reste sceptique sur le premier et ce pour 2 raisons.
La première se trouve sur la page précédente du même Monde Informatique où l'on parle du nouvel Office de Microsoft. Au passage il faut signaler que le profond changement de l'interface demandera une adaptation non négligeable des utilisateurs. C'est donc le moment idéal pour migrer vers OpenOffice ! Pour revenir au problème, l'Office de Microsoft est basé sur XAML, langage de description d'interface utilisant XML. XAML a le même rôle que XUL, le langage utilisé par Mozilla pour notamment l'interface de Firefox. En même temps Microsoft introduit Atlas, pour la création de clients riches, qui prend la place de Ajax de Google. On voit bien le manque d'innovation. On voit aussi le mauvais côté des standards, ou plutôt du manque de standards, qui enferment les utilisateurs dans une technologie donnée. C'est particulièrement visible pour Atlas qui nécessite un serveur .NET. Mais finalement c'est le même problème pour XAML/XUL : si vous développez dans l'un et que c'est l'autre qui devient le standard, vous aurez à refaire vos développements.
Vous pouvez envisager de faire une conversion XAML <-> XUL et cela m'amène à ma deuxième raison : Microsoft refuse de publier certains de ses protocoles [1]. Par là il empêche toute possibilité de concurrence des briques concernées. Je comprend la raison commerciale. Mais il y a le corollaire : les utilisateurs sont enfermés dans la technologie.
La concurrence du libre avait apporté quelques bénéfices, au moins des réductions sur les licences. Mais j'ai peur qu'un nouveau round commence avec cette guerre qui me rappelle celle entre Internet Explorer et Netscape. Le vainqueur est finalement difficile à trouver (firefox ?), mais les perdants sont bien sûr les utilisateurs. Et bien sûr les briques interchangeables devront encore attendre.



