Le retour des brevets

Cela faisait longtemps que je n'en avait pas parlé et je suis sûr que vous vous demandiez tous quels nouveaux rebondissements allaient apparaître. En voici un relevant comme d'habitude de la série incroyable mais vrai.

La société IP Innovation vient de démarrer une action contre Redhat et Novell pour violation d'un de ses brevets [1]. Le brevet en question remonte à 1987 et est originaire de Xerox [2]. Il a déjà servi à faire payer Apple. La société IP Innovation semble être rattachée à la société Acacia et n'a pas d'autre objectif que de monnayer ses brevets. Et ces brevets portent sur des concepts répandus, cela leur facilite les choses. En l'occurrence il s'agit du mécanisme des bureaux virtuels (workspaces) permettant de basculer entre différents écrans dans lesquels on peut répartir les fenêtres. Personnellement je me souviens d'avoir utilisé ces workspaces depuis toujours sur différents Unix et bien sûr sous Linux.

Voilà donc l'exemple parfait des débordements des brevets logiciels. Une société dépose un brevet portant sur un "concept" (pas un processus industriel ni un programme développé, juste un concept). 20 ans après (pas avant sinon ce ne serait pas aussi juteux) une société utilise ce brevet pour racketter des sociétés ayant développé des logiciels autour de ce "concept" qui entre-temps est devenu banal. Serait-il normal que la société à l'origine du brevet obtienne une rémunération pour ses recherches ? Oui sans doute. Et donc par extension il serait normal que la société ayant racheté le brevet se rémunère, malgré le côté "parasitaire" de la chose. Mais pas pour le seul concept. Tenez, je vais déposer le concept d'un ordinateur fonctionnant sur Mars : en 2033 je serai riche !

[1] http://www.groklaw.net/article.php?story=20071011205044141
[2] http://www.google.com/patents?id=3tUkAAAAEBAJ&dq=5,072,412